Mosquée ALIF d’Attoban : la crainte des dernières prières face à une menace de démolition
Une menace imminente sur un lieu de culte
L’inquiétude est vive au sein de la Communauté Musulmane de la Riviéra (CMR). À la mosquée ALIF d’Attoban, les fidèles redoutent que les prières actuelles figurent parmi les dernières. En cause : la menace d’une démolition annoncée pour la semaine prochaine, liée à un litige foncier impliquant un opérateur économique d’origine libanaise, qui revendique la propriété du terrain occupé par la mosquée et ses extensions.
Face à cette situation jugée alarmante, la CMR a tenu une réunion extraordinaire, à l’issue de laquelle ses responsables se sont rendus sur le site concerné afin de constater les faits et d’évaluer les risques.
Un terrain historiquement affecté au culte, selon la communauté
Selon les responsables religieux, le terrain litigieux aurait été officiellement affecté au culte musulman par l’État de Côte d’Ivoire, et ce depuis plusieurs décennies. Des documents et plans d’urbanisme anciens mentionneraient même une réserve foncière destinée à l’extension de la mosquée, sur une superficie estimée à environ 3 700 m².
La communauté musulmane affirme que la mosquée ALIF n’est pas une occupation anarchique, mais bien un lieu de culte reconnu, construit et développé avec l’accord tacite, voire explicite, des autorités compétentes.
Une transaction controversée refait surface
De son côté, l’opérateur économique mis en cause brandit des documents juridiques attestant, selon lui, de sa qualité de propriétaire légal du terrain. Il ferait référence à une transaction immobilière intervenue au début des années 2000, dont la communauté musulmane dit n’avoir jamais été informée.
Pour la CMR, cette situation pourrait relever d’un cas de double attribution administrative, un phénomène malheureusement récurrent dans certains litiges fonciers en Côte d’Ivoire, où un même terrain se retrouve affecté à des usages différents par des actes distincts.
Appel à l’État et suspension demandée
Face au risque d’une destruction irréversible d’un lieu de culte, la Communauté Musulmane de la Riviéra appelle solennellement :
- à la suspension immédiate de toute procédure de démolition,
- à l’intervention urgente des autorités administratives et judiciaires,
- à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir la vérité sur l’historique et le statut juridique du terrain.
Les responsables religieux estiment qu’une telle décision, si elle devait être exécutée sans clarification préalable, constituerait une atteinte grave à la liberté de culte et à la paix sociale.
Un dossier sensible à fort enjeu social
Au-delà du simple différend foncier, cette affaire soulève des questions fondamentales :
➡️ Comment un terrain affecté au culte peut-il faire l’objet d’une revendication privée ?
➡️ Qui porte la responsabilité d’une éventuelle erreur administrative ?
➡️ Quelles garanties pour la protection des lieux de culte en Côte d’Ivoire ?
En attendant une prise de position officielle des autorités compétentes, la tension reste palpable à Attoban, où fidèles et riverains espèrent une issue pacifique et conforme au droit.
Échos News continuera de suivre ce dossier et donnera la parole à toutes les parties concernées.

